Trésor d'éternité : Khilassu Thahab, ou la voie de l'amour prophétique

Dans Khilassu Thahab (« l'or décanté »), El Hadj Malick Sy compose une œuvre monumentale mêlant biographie du Prophète (psl), science grammaticale et dévotion brûlante. Complété par sa célèbre Nûniyya, ce poème en trente chapitres révèle comment la grâce de Muhammad (psl) a sauvé Adam, Jonas et Abraham. Une plongée dans l'océan de la connaissance spirituelle, du Sénégal à la Guinée.

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19 May 2026 340 vues 4 min 0 0
Trésor d'éternité : Khilassu Thahab, ou la voie de l'amour prophétique

Trésor d'éternité : Khilassu Thahab, ou la voie de l'amour prophétique

Dans la nuit du Gamou, quand les cœurs s'élèvent et que les langues se dénouent en prières, une voix traverse les siècles : celle d'El Hadj Malick Sy. Son Khilassu Thahab – « l'or décanté » – n'est pas seulement un poème. C'est un océan de science, un pacte d'amour avec le Prophète Muhammad (paix sur lui), et une lampe dans les ténèbres d'une époque en quête de repères.

Composé de trente chapitres, écrit dans une langue où chaque vers se termine par la lettre mîm (la célèbre mîmîya), cet ouvrage monumental retrace la vie du Sceau des Prophètes depuis sa lumière originelle – quand Adam était encore entre eau et argile – jusqu'à son retour auprès du Créateur. Mais Khilassu Thahab n'est pas une simple biographie. Il est une école de l'âme. Il mêle grammaire (nahw), conjugaison (sarf), éloquence et chronologie savante, le tout porté par une dévotion brûlante.

Pour mesurer l'amour que Maodo portait au Prophète, il faut aussi se tourner vers un autre de ses chefs-d'œuvre, Riyy az-zam'ân (communément appelé an-Nûniyya). C'est dans ce poème qu'El Hadj Malick Sy chante les qualités rédemptrices de Muhammad (psl), intercesseur même pour les prophètes qui l'ont précédé. Il écrit ainsi :

« C'est par sa grâce que Dieu pardonna à notre père Adam, par sa grâce que Jonas fut sauvé des entrailles du poisson, par sa grâce que le feu devint fraîcheur pour Abraham... »

Ce vers, souvent cité, n'appartient pas au Khilassu Thahab mais à cette Nûniyya magnifique, où le maître de Tivaouane montre comment tous les prophètes – Jonas, Abraham, Moïse, le fils d'Abraham sur le point d'être sacrifié – furent tirés d'épreuves mortelles par la grâce de Muhammad. Cette précision ne fait que révéler l'ampleur de l'œuvre d'El Hadj Malick Sy : un même souffle d'amour prophétique traverse ses écrits, chacun apportant une pierre unique à l'édifice de la connaissance.

Ainsi, que ce soit par le Khilassu Thahab ou par la Nûniyya, le disciple est invité à plonger dans un océan de science et de dévotion. Le Khilassu Thahab reste une ancre chantée du Sénégal à la Guinée, tandis que la Nûniyya nous rappelle que la miséricorde de Dieu, par l'intermédiaire de Son bien-aimé, a précédé et sauvé toute l'histoire sainte. Deux œuvres, une seule flamme.

                                                             Moulaye Niang

En route pour le JOOTAY MAME MAODO du 20 JUIN 2026

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