« PROJET, c'est aussi des jeunes entrepreneurs restés fidèles à leurs idées. »
Dans le cadre de notre série de portraits, la Plateforme de Réflexion et d'Orientation des Jeunes Tidianes a rencontré Mbaye Ndiaye, logisticien de formation et fondateur de SAÑSEL – Le coin de l'élégance. Son parcours incarne parfaitement le triptyque fondamental JA – JU – BA inspiré de la sagesse intemporelle de Maodo El Hadji Malick Sy : Jang (Apprendre), Juuli (Prier) et Bay (Cultiver/Travailler). C'est autour de ce dernier pilier – celui du travail, de l'effort et de la dignité que l'on construit de ses propres mains – que le Pôle Emploi et Entrepreneuriat de PROJET organise son action, en accompagnant ses membres dans leurs démarches professionnelles et entrepreneuriales.
De la Supply Chain à la mode : un parcours au service d'une passion
« Je suis diplômé en Supply Chain, en logistique humanitaire et en gestion des stocks. Mon parcours professionnel m'a permis d'évoluer dans plusieurs entreprises spécialisées en logistique, transit et distribution, où j'ai acquis des compétences en gestion des opérations, en organisation et en service client. »
Pourtant, l'aventure entrepreneuriale de Mbaye Ndiaye a commencé bien avant ses premières expériences professionnelles. L'idée de SAÑSEL est née alors qu'il était en troisième année de licence. Une envie d'entreprendre et de créer une marque qui lui ressemble, mûrie au fil des années, avant d'être structurée grâce aux compétences acquises sur le terrain.
Deux passions sont à l'origine de SAÑSEL : son attirance pour l'élégance et les beaux vêtements, et la rencontre avec un ami tailleur au talent exceptionnel. « En voyant son potentiel, j'ai voulu contribuer à mettre son savoir-faire en valeur. » C'est ainsi qu'est née SAÑSEL, un nom proposé par un ami d'enfance fidèle, Moustafa, aujourd'hui installé en Allemagne.
Une ambition : valoriser la culture africaine
L'ambition de SAÑSEL est claire : proposer une marque qui valorise la culture africaine, allie élégance et qualité, et répond pleinement aux attentes des clients. Plus qu'un simple vêtement, SAÑSEL porte une vision : celle d'une mode africaine fière de ses racines, tournée vers l'excellence et accessible à tous ceux qui recherchent l'authenticité.
« SAÑSEL ne vend pas seulement des vêtements. Nous voulons valoriser le savoir-faire des artisans locaux, promouvoir la culture africaine et contribuer à créer des opportunités d'emploi autour de nous. »
Les défis : financement, confiance et notoriété
Comme tout entrepreneur, Mbaye a connu des débuts semés d'embûches. Il identifie trois obstacles principaux :
- Le financement – un défi partagé par de nombreux jeunes entrepreneurs
- Gagner la confiance des premiers clients – la preuve par la qualité
- Faire connaître la marque dans un marché de la mode très concurrentiel
Pour les surmonter, il a investi progressivement, travaillé sans relâche sur la qualité des produits et utilisé les réseaux sociaux ainsi que le bouche-à-oreille comme leviers de croissance.
« Je n'irai pas jusqu'à parler de faillite, mais il y a eu des périodes très difficiles où les ventes étaient faibles et où les charges continuaient de tomber. Mais c'est juste une étape de l'entrepreneuriat. »
Les leçons d'un entrepreneur : de la générosité à la rigueur
L'un des plus grands apprentissages de Mbaye Ndiaye concerne sa propre générosité – qu'il qualifie lui-même de défaut (rires). « J'offrais souvent des tenues à des proches ou j'accordais beaucoup de facilités à certains clients. » Avec le temps, il a compris qu'une entreprise ne peut pas fonctionner uniquement avec le cœur. Il a appris à fixer des règles claires, à mieux gérer les paiements et à faire la différence entre la générosité et la bonne gestion.
L'erreur la plus coûteuse ? « Vouloir tout faire seul. J'ai compris qu'un entrepreneur doit savoir déléguer et s'entourer des bonnes personnes pour avancer plus efficacement. » Une mention spéciale à sa femme, qu'il décrit comme un véritable « booster » pour relever les défis.
La valeur non négociable : l'intégrité
« Je préfère perdre une vente plutôt que de tromper un client. La confiance est le capital le plus précieux d'une entreprise. »
Cette phrase résume à elle seule la philosophie de SAÑSEL. Dans un secteur où la tentation du gain facile est grande, Mbaye Ndiaye choisit la voie de l'honnêteté et de la transparence. Une intégrité qui se retrouve dans chaque création, chaque relation client, chaque engagement pris.
Une entreprise familiale et spirituelle
Mbaye Ndiaye accorde une place centrale à l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. « J'essaie de réserver des moments pour ma famille, mes proches et ma vie spirituelle (Prière, Lazim, Wazifa, Hadara et les autres Zikr). Cet équilibre me permet de rester motivé et de prendre de meilleures décisions. »
Sa discipline quotidienne ? Définir ses priorités, planifier son travail, éviter la procrastination – une habitude que sa femme l'a progressivement aidé à adopter. « Avant de la connaître, j'avais tendance à beaucoup procrastiner. Elle ne manquait jamais de me rappeler à l'ordre ! » (rires)
La vision pour les cinq à dix ans à venir
L'ambition de Mbaye Ndiaye pour SAÑSEL est à la hauteur de sa détermination : faire de la marque une référence au Sénégal et dans la sous-région pour les vêtements africains de qualité. Il envisage l'ouverture de plusieurs points de vente et un développement fort de la vente en ligne, sans se limiter uniquement aux vêtements.
L'une des dernières innovations majeures : la personnalisation de l'expérience client. « Nous prenons davantage le temps de comprendre les besoins de chaque client afin de lui proposer une tenue qui lui ressemble. » Une approche sur mesure qui fait toute la différence.
? Une parole qui motive : l'héritage de Serigne Babacar Sy Mansour
« La phrase qui me motive est une parole de Serigne Babacar Sy Mansour. Il disait en wolof : "Yalla ne na : 'Jàfé-jàfé yu bari yi ngeen di jàmbat, bàyyileen ko te Japp ci man. Fi ak maa ngi fii. Lu leen jàfé, yomb na ma. Te ku ma jox sa bopp, maa defar la.' Na gnuy wax : Alhamdoulillahi Rabbil 'Alamin." »
Cette parole lui rappelle que, quelles que soient les difficultés, il faut faire sa part, garder confiance en Allah et Lui remettre ce qui nous dépasse. Un principe qui l'accompagne aussi bien dans sa vie personnelle que dans son parcours professionnel.
SAÑSEL et PROJET : une histoire d'appartenance et de valeurs
L'aventure de Mbaye Ndiaye s'inscrit pleinement dans la vision de PROJET, cette communauté de jeunes entrepreneurs tidianes qui transforment leurs idées en actions sans jamais renier leurs valeurs. Comme le rappelle si bien la parole de Serigne Babacar Sy : « Man kaana dha hirfatin fal-yuhyiha abadan. Moo geun saggan di dem di tuumaal Yalla ak deuk ya. » – Que celui qui détient un métier, qu'il le fasse vivre à jamais. C'est mieux que d'être négligent et de s'en remettre à accuser Allah et les voisins.
Conclusion
SAÑSEL, c'est bien plus qu'une marque de vêtements. C'est l'histoire d'un homme qui a su transformer ses compétences en logistique en un projet entrepreneurial porteur de sens, alliant élégance, qualité et valorisation de la culture africaine. C'est la preuve qu'avec de la vision, de la persévérance et un véritable désir d'impact – les trois mots que Mbaye Ndiaye utilise pour définir l'entrepreneuriat – on peut partir de peu et construire une entreprise qui rayonne.
Dans un monde où la mode est souvent synonyme de standardisation et d'industrialisation à outrance, SAÑSEL incarne une alternative authentique : celle du sur-mesure, de l'artisanat local, de la qualité et de l'intégrité. Une marque qui habille le corps, mais aussi l'âme – fidèle à l'esprit de PROJET et à la sagesse des anciens.
Vous aussi, rejoignez la communauté PROJET !
SAÑSEL – Le coin de l'élégance
Commentaires 0
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier !